
Dix ans après le mort de sa soeur, Laurette, l'aînée du clan Fugain sort un livre poignant (Moi, on ne m'a jamais demandé comment j'allais), racontant comme ses parents, submergés par le chagrin, ont oublié qu'ils avaient deux autres enfants.
Gala: Pourquoi avoir attendu dix ans, presque jour pour jour, après le décès de Laurette (le 18 mai 2002, ndlr) pour écrire ce livre?
Marie Fugain: La date «anniversaire» n’est que pur hasard. Il n’était pas prévu que j’écrive, je ne m’en sentais pas capable. Et puis, je pensais que ma vie n’intéressait personne. L’an dernier, en mai, alors qu’on fêtait l’anniversaire de mon père, j’ai rencontré son éditeur. Au cours de la conversation, je lui ai raconté que j’aimerai faire quelque chose (un documentaire par exemple) sur ceux dont on croit qu’ils ne connaissent pas la douleur car ils ne l’expriment pas. J’ai terminé ma phrase ainsi: «Parce que moi, on ne m’a jamais demandé comment j’allais». L’éditeur y a aussitôt vu l’opportunité d’un livre. Comme je n’ai pas réussi à faire une thérapie –je trouve que la théorie sur les émotions ne sert à rien– je me suis dit qu’effectivement, ça pourrait me faire du bien de «vomir ces dix années de souffrances».
source: Yahoo.fr