Le législateur défoncé à l'hypocrisie : les fumeurs de joints arrêteront-ils vraiment de consommer parce qu'on rédige une énième loi ?


Après l'Espagne, les "cannabis social club" arrivent en France et veulent remettre sur l'échiquier politique le débat de la légalisation dont le PS et l'UMP pensaient être débarrassés.
Atlantico : Des études montrent que les Français et notamment les jeunes comptent parmi les plus gros fumeurs d’Europe. Pourtant nos lois sont les plus dures. Est-ce un non sens social ou une nécessité pour endiguer la consommation ?

Henri Bergeron : Si vous regardez la prévalence de la consommation de drogue dans certains pays européens et la sévérité de leurs textes de loi respectifs, il n’y a pas de lien entre les deux. C’est à dire que par exemple la Suède a des lois très contraignantes et très sévères et des prévalences de consommation de drogues très faibles. La France au contraire est dotées de lois sévères mais d’une prévalence très élevée. Dans d’autres cas encore, des règles souples sont accompagnées d’une consommation relative peu importante comme c’est le cas pour les Pays-Bas. La conclusion scientifique évidente est donc qu’il n’y a pas de lien, ou un lien faible, entre les lois de régulation et de réglementation et les habitudes de consommation. Les usages sont marginalement déterminés par les instruments réglementaires ou juridiques. La loi contribue modestement à déterminer les usages. L’hypocrisie se trouve plutôt dans le fait qu’il y ait une forme d’attention politique privilégiée, voire obsessionnelle à la loi qu'il s'agisse de la transformer ou la maintenir, cela relève presque du fétichisme. Concevoir la loi comme l’instrument principal de la réglementation et de la régulation des usages est paradoxal vu que les effets de celle-ci ne correspondent pas aux résultats que l’on observe.
source: Yahoo.fr