TUNISIE. 2 ans après la révolution, les blogueurs désenchantés


"Je suis en colère, ce n’est pas le bon soir pour discuter. Les islamistes ont piraté ma page Facebook. C’est tellement de travail foutu en l’air !", s’énerve la blogueuse Lina Ben Mhenni au JFK, un café un peu "underground" de Tunis. La jeune femme, figure de proue du mouvement qui accompagna la révolution, semble fatiguée, lasse. Deux ans après, elle n’a plus la même motivation. L’auteure de "Tunisian girl" est déçue. "Comme beaucoup de Tunisiens, j’avais l’espoir de changements et aujourd'hui c’est à se demander si le pays se dirige plutôt vers un modèle algérien ou un modèle iranien. Vous n’avez pas entendu les gens discuter dans les cafés ? Ils en sont à regretter Ben Ali", soupire la jeune femme.
Un découragement que ne peut que partager l’un des amis, assis à la table où traînent ordinateurs avec clé 3G, portables, et quelques verres. Policier, expert dans le domaine de la détection des drogues et explosifs, il était en poste à l’aéroport de Tunis. Mais, "en tant que secrétaire général des forces de l’ordre de l’aéroport, il a essayé de faire évoluer les mentalités dans la police", explique Lina Ben Mhenni. "Surtout le droit", insiste le policier. "La loi qui encadre les forces de l’ordre est une vieille loi qui permet la violence… J’ai voulu via le syndicat militer pour faire changer les choses. Et j’ai été enlevé par la brigade criminelle, je suis resté six jours incarcéré. C’était un véritable kidnapping car il n’y avait pas de procédure."
source: Yahoo.fr