Comment canaliser ma colère contre mes enfants ?

Chaque fois qu'un de mes enfants fait une bêtise, je réagis exagérément en criant et me fâchant. Je dégage à ce moment-là une énergie négative...
La Question :
Chaque fois qu'un de mes enfants fait une bêtise, je réagis exagérément en criant et me fâchant. Je dégage à ce moment-là une énergie négative et destructrice. Pour les punir, je fais même du chantage affectif : « Si tu continues à m'énerver, tu resteras le mercredi après-midi à l'école : je ne viens plus te chercher ». J'éprouve alors un plaisir malsain à voir leur tristesse. Une demi-heure après, la culpabilité m'envahit. Je me demande pourquoi je fais cela, car tout le monde est perdant. Ces réactions sont, je suis sûre, liées au stress, mais je travaille déjà moins, je consulte régulièrement un ostéopathe, je me suis remise au sport… Et, je ne peux pas mettre cela sur le compte du stress, j'en ai peu à cause des tâches ménagères (j'ai une aide extérieure, et mon mari participe aussi). Etonnamment, s'il arrive quelque chose de plus grave à mes enfants (problème à l'école, maladie), je reste calme. J'aimerais trouver un moyen pour canaliser cette colère qui m'envahit comme une bouffée et que je n'arrive pas à contrôler.(Fleur, 34 ans)
La réponse de Isabelle Taubes
Ce problème que vous abordez avec une grande sincérité, préoccupe de nombreuses mères, aussi désemparées et culpabilisées que vous, face à leurs irrépressibles élans de colère. Avoir plusieurs enfants, dans une société qui ne fait rien pour alléger la vie des mères, peut être en soi, une sérieuse cause de surmenage psychique... mais, comme vous le pressentez bien, le stress n’explique pas tout.
Vous avez conscience de l’excès de vos réactions vis-à-vis de vos enfants et de l’agressivité qui les sous-tend ; c’est un premier pas important. Essayons d’aller plus loin : se mettre exagérément en colère quand un enfant fait une bêtise, surtout quand cette attitude est répétitive, tient souvent du réflexe "de survie psychique". A ce moment, une rage intérieure s’empare de nous. Elle monte, elle monte, puis elle explose. Et aussitôt calmé, nous regrettons de nous être emporté.
Pour éviter l’explosion et la culpabilité qui s’ensuit, nous devons nous efforcer de domestiquer l’énergie brutale qui nous envahit, en la convertissant en pensées et en mots, en essayant de verbaliser les interdits et les reproches, au lieu de les hurler. D’accord, c’est plus facile à dire qu’à mettre en pratique, surtout quand on est une personne nerveuse ! C’est pourtant l’unique méthode qui permette aux enfants de trouver des repères réels, de se responsabiliser par rapport à leurs actes.
source: Yahoo.fr