Départs de dirigeants, changements de postes, abandons de projets, rachats, fusions… La vie en entreprise est ponctuée de pertes et de ruptures. Des situations banalisées aujourd’hui mais qui doivent relever, pour le psychiatre Jacques-Antoine Malarewicz, d’un véritable travail de deuil. Objectif : lever les non-dits. Et un tabou.
En quoi les changements au sein des entreprises nécessitent-ils parfois un travail de deuil ?
Jacques-Antoine Malarewicz : Leur accumulation peut susciter chez les salariés un sentiment de lourdeur, de fatalité, d’autant que souvent, ils n’ont ni le temps ni le droit de parler de ce qui était avant. Ils se sentent alors dépossédés de ce qu’ils vivent. Et ont de moins en moins envie de s’impliquer dans l’organisation. Les rituels de deuil permettent de laisser libre cours puis de chasser ces sentiments ensemble et de reprendre les choses en main.
Pourquoi la question du deuil dans les entreprises est-elle particulièrement taboue ?
Ce déni de la mort est général à notre société. De manière générale, on n’en parle pas. Dans l’entreprise, s’ajoutent les contraintes économiques. On s’oblige à foncer, à toujours regarder devant, à être plus productif. On n’a pas le temps ou, si on le prend, il faut que cela soit pour quelque chose de rentable. Parler de la mort n’est pas un bon investissement. C’est assimilé à une perte de temps.
source: Yahoo.fr
